
Illustration 1: Toile représentant Héraclius II (nommé également César) décapitant Chosroes II ( Empereur de l'Empire Perse)
D'après Abdullah ibn Abbas
(Qu'Allah l'agrée) le Messager d'Allah (P&B sur lui) écrivit à César pour l'inviter à l'Islam. Il envoya Dihya Al Kalby porter sa lettre (Illustration 2),
avec mission de la remettre au gouverneur de Bosrâ qui la ferait parvenir à César.
Illustration 2 Lettre adressée à César de la part du Messager d'Allah (Paix et Bénédiction sur lui)
Contenu de la lettre :
" Au nom d’Allah, Le Clément, Le Miséricordieux. Lettre de
Mohammed le serviteur et Messager d’Allah à Hercules, le roi de Rome. Que la paix soit sur ceux qui observent la droiture. Accepte de te soumettre. Embrasse l’Islam et Allah te récompensera deux
fois. Si tu te détournes et refuses, tu porteras les péchés des Arisiyin ( paysans). (Coran 3,64) Dis : Ô gens des Ecritures ! Convenons les uns des autres de ce point commun entre nous, à savoir de n’adorer qu’Allah Seul, sans Lui
adjoindre d’associés, de ne pas nous prendre les uns les autres pour divinités en dehors d’Allah. S’il se détournent, dites-leur
: Soyez témoins que nous, nous sommes soumis "
Ce dernier (César), après qu'Allah
l'eut rendu vainqueur de l'amée perse, s'était rendu d'Emesse à Jérusalem pour remercier Allah de la faveur qu'Il lui avait faite. Lorsqu'il reçut la lettre de l'Envoyé d'Allah, il demanda
après l'avoir lue:
" Cherchez-moi ici quelque compatriote de cet homme que je puisse interroger au sujet de l'Envoyé
d'Allah "
Ibn Abbas (qu'Allah l'Agrée) continue :
" Abû Soufyân ibn Harb m'a informé qu'il se trouvait en Syrie à la tête d'une caravane de marchands qoraychites; c'était
au cours de la trêve conclue entre l'Envoyé d'Allah et les infidèles de Qoraïch "
Abû Sufyân dit :
" L'émissaire de César, nous ayant rencontré dans une localité de Syrie, nous emmena, moi et mes compagnons,
jusqu'à Jérusalem. On nous introduisit auprès de l'empereur, et nous le vîmes assis dans la salle de Conseil, le front ceint d'un diadème, et entouré des grands d'entre les Grecs
"
César dit à son interprète :
" Demande-leur lequel d'entre eux est le plus proche parent de cet homme qui prétend être
Prophète "
Abû Sufyân répondit :
" C'est moi "
César interrogea :
" Et quel est ton degré de parenté avec lui "
Abû Sufyân repartit :
" C'est le fils de mon oncle paternel "
César dit :
" Qu'on le fasse approcher et que ses compagnons soient plaçés derrière lui, contre ses
épaules "
César s'adressa à son interprète :
" Je vais interroger cet homme sur le prétendu Prophète; si cet homme ment, ses compagnons devront relever le mensonge "
Abû Sufyân pensa :
" Or, par Allah ! Si je n'avais pas eu honte alors de voir relever mes mensonges par mes
compagnons, j'eusse menti lorsque l'empereur m'interrogea sur Mohamad. Mais, retenu par cette honte, je dis la vérité "
César dit à son interprète :
" Demande-lui quel rang la famille de ce Prophète occupe parmi
eux "
Abû Sufyân répondit :
" Il est de bonne naissance "
_ " Quelqu'un parmi vous a-t-il jamais tenu avant lui de semblables propos ? "
_ " Non "
_ " Le soupçonniez-vous de mensonge avant qu'il tint ce dicours ? "
_ " Non "
_ " Ses partisans se recrutent-ils dans les hautes classes ou parmi les humbles ? "
_ " Parmi les humbles "
_ " Leur nombre augmente-t-il ou va-t-il décroissant ? "
_ " Il augmente "
_ " Y en a-t-il parmi eux qui, après avoir adopté sa religion, la prennent ensuite en aversion ou et apostasient ? "
_ " Non "
_ " Trahit-il ses engagements ? "
_ " Non; mais nous avons conclu une trêve avec lui en ce moment, et nous craignons qu'à ce propos, il ne la trahisse "
_ " Avez-vous été en guerre avec lui ? "
_ " Oui "
_ " Quelle a été l'issue des combats livrés ? "
_ " La guerre entre nous a eu des alternatives: tantôt c'est lui qui l'a emporté sur nous, tantôt c'est nous qui l'avons emporté sur lui
"
_ " Et que vous ordonne-t-il donc ? "
_ " Il nous ordonne de n'adorer qu'Allah seul, de ne Lui associer aucun être, de renoncer au culte de nos pères, de faire la prière, l'aumône, d'être
chastes, de tenir les engagements et de rendre les dépôts confiés "
César dit à son interprète :
" Dis lui : << Je t'ai interrogé sur sa famille et tu m'as prétendu qu'il était
de bonne naissance. Or Allah a toujours choisi Ses messagers parmi les nobles du peuple auquel ils appartenaient. Je t'ai demandé si parmi vous quelqu'un, avant lui, avait tenu un
discours semblable, et tu as prétendu que non. Alors en moi-même j'ai pensé que si quelqu'un avant lui avait tenu les mêmes propos, je pourrais croire que cet homme ne fait qu'imiter ses
prédécesseurs. Je t'ai demandé si avant qu'il tînt ce dicours, vous le soupçonniez d'être un menteur, et tu as prétendu que non. J'ai compris par là que,s'il n'était pas homme à mentir à l'égard
de ses semblables, il ne pouvait, à plus forte raison, mentir à l'égard d'Allah. Je t'ai demandé si quelqu'un de ses ancêtres avait régné, et tu as prétendu que non. J'ai pensé alors que si
quelqu'un de ses ancêtres avait régné, je me dirais : Cet homme cherche à remonter sur le trône de ses pères. Je t'ai demandé si ses adeptes se recrutaient parmi les humbles ou
parmi les grands, et tu as prétendu que c'était parmi les humbles. Or c'est toujours eux qui forment les partisans des Prophètes. Je t'ai demandé s'ils augmentaient en nombre ou s'ils
diminuaient, et tu as prétendu qu'ils allaient en augmentant. Or c'est bien là le propre de la foi de croître jusqu'à sa complète évolution. Je t'ai demandé si quelque-uns d'entre eux, après
avoir embrassé sa religion, s'en détournaient avec horreur et la reniaient, et tu as prétendu que non. Or, c'est bien ainsi qu'il en est de la foi: les coeurs que sa grâce a pénétrés ne la
prennent pas en aversion. Je t'ai demandé s'il manquait à ses engagements, et tu as prétendu que non: il en est ainsi des Prophètes, ils ne trahissent point. Je t'ai demandé si vous avez été en
guerre avec lui, et tu as prétendu que oui, que la guerre entre vous avait eu des alternatives, tantôt à son avantage, tantôt au vôtre. Il en est ainsi des Prophètes: ils subissent des épreuves,
mais le succès final leur appartient. Je t'ai demandé ce qu'il ordonnait, et tu as prétendu qu'il vous interdisait d'adorer ce qu'adoraient vos ancêtres, qu'il vous prescrivait la prière,
l'aumône, la pureté des moeurs, la fidélité à tenir les engagements et à rendre les dépôts confiés.
Tout cela répond bien au portrait d'un vrai Prophète. Je savais bien que cet homme allait paraître, mais je ne supposait pas qu'il serait l'un d'entre vous. Si tu as dit vrai, il ne s'en faut
guère que cet homme conquiert cet endroit même que foulent mes pieds. Quant à moi, s'il m'était possible de l'approcher, je m'efforcerais de le rencontrer, et si j'étais auprès de lui, je
laverais la poussière de ses pieds "
Abû Sufyân dit :
" Lorsque Héraclius eut fini de parler, des cris violents furent poussés par les grands personnages grecs qui
l'entouraient, et un grand tumulte s'éleva; je ne sais pas ce qu'ils disaient. L'Empereur donna l'ordre qu'on nous fît sortir. Lorsque nous fûmes dehors, me trouvant seul avec mes compagnons, je
leur dis << Il faut que les affaires du fils d'Abû Kabcha aient pris de l'importance, puisque le prince des Banoûl Asfar (littéralement les fils de blondins) le redoute >>. Et depuis
lors, jusqu'au jour où malgré mes répugnances Allah amena mon coeur à l'Islam, je demeurai humblement convaincu du succès de
Mohamad.
J'ai écrit cet article pour montrer que lorsque quelqu'un de tout à fait neutre, vis à vis du Prophète Mohamad (P&B sur lui), analyse la situation de l'Envoyé d'Allah par rapport aux
autres prophètes, il ne peut qu'affirmer l'authenticité de sa mission à la gloire d'Allah (soubhanna ouata3ala) !!!
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